Enchenberg - Chapelle Sainte-Vérène

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ENCHENBERG

Mentionné en 1286 sous la forme Ennechenberg, les explications plausibles du nom, nous ramènent à une hauteur possédée par un chef germanique ANNICO, ANEKO ou ENNECO ou d’une femme ENNIKA ou ENNEKA. Pour la forme Einchenberg de 1571, on a proposé le nom de personne EINICHO.

Longtemps aucune explication scientifique n’avait été donnée à la population du village ; c’est à partir de là que le nom d’Enchenberg a donné naissance à de nombreuses légendes :
 

  • Enchenberg venant d’Engelberg (Burg construit par le comte de Lemberg en l’honneur de sa fille Angèle).
  • Enchenberg venant de Eschenberg (montagne des frênes).
  • Enchenberg devrait son nom à une donnée topographique « ein enger schmaler Berg » (montagne étroite).
  • Enchenberg venant de Ännchenberg (nom provenant de Ännchen ou Anna, fille du comte Reinhard ; explication donnée dans la légende des deux filles et du fils du comte Rheinhard lors de la naissance des villages de Glasenberg – Lemberg – Enchenberg et Mouterhouse).
  • Enchenberg venant de racines celtiques BAC et INKE signifiant « HEXENSTEIN » (rocher des sorcières).
     

GUISBERG (annexe d’Enchenberg)

Mentionné en 1577 sous la forme de Gissberg sur les héritages de l’abbaye de Sturzelbronn, uff güsberg en 1602, à Gischberg en 1696, Guischberg en 1719 et 1779, Geisberg fin du XVIII ème siècle, Güsberg en 1871, Guisberg en 1967, de l’allemand Berg, hauteur, et de l’ancien haut allemand, gouch, de l’allemand Gauch, qui a donné le nom Kuckuck, le coucou, un Gauchsberg, devenu Gaussberg, Geisberg puis Gissberg. En définitif, le nom de Guisberg signifie « montagne du coucou » bien que aujourd’hui l’annexe du Guisberg soit devenue le royaume incontesté des chauve-souris.

SOBRIQUET DES HABITANTS D’ENCHENBERG
DIE HAWERSPATZEN (HAFERSPATZEN)


Les moineaux pilleurs d’avoine

La légende

IL y a bien longtemps, une équipe de moissonneurs d’Enchenberg battait de l’avoine dans l’aire de leur grange. Voici qu’un hardi moineau s’empara d’une graine et voulut l’emporter. Mais déjà les battants du portique avaient été fermés, et la chasse à l’effronté voleur commença à coups de fléaux.

Un prédicateur (prêtre) de passage, alerté par les cris, vint ouvrir tout doucement un battant pour y voir. Le moineau partit aussitôt et hélas ! l’homme curieux reçu, par mégarde, un grand coup de fléau sur la tête, dont il mourut.

Pardessus son corps, et sans s’occuper de leur victime, les batteurs couraient et continuaient la chasse jusqu’à la limite du ban de Lemberg, où ils purent enfin abattre le malheureux oiseau, qui s’était réfugié dans une haie.

Il se peut que cette petite histoire romancée ait pour origine un crime commis à Enchenberg, à la suite de la publication de la lettre épiscopale du Cardinal Charles II de Lorraine, Vaudémont, en date du 30 juillet 1594, dans laquelle il s’élève contre les doctrines luthériennes et défend sévèrement la vente d’ouvrages de la religion réformée. Il se peut donc qu’un colporteur de bibles, appelé alors porte havresac, cherchant à vendre ses livres prohibés, ou même un novateur avec son havresac, contenant des effets, se fût attardé dans le village, où les paysans irrités l’avaient malmené ou même tué.

Auguste Lauer, ancien vice-président de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Lorraine, nous donne l’explication suivante :

Lorsqu’un marmot babille d’une façon incompréhensible, on lui reproche d’être un « Welscher Hawersack ». Cette locution est couramment employée au Pays de Bitche. Le premier désigne les immigrés huguenots. Leur installation momentanée à Enchenberg est prouvée par l’existence du lieu-dit « Welschrod ». C’est probablement, un prédicateur de leur confession, qui fut poursuivi par les habitants du village et mis à mal par eux.

Le nom « Hawersack », fut apporté en France par les troupes protestantes de la Guerre de Trente Ans. Peut-être servit-il à désigner les soldats eux-mêmes, puis ceux qui se fixèrent dans notre région.

Le sobriquet « Hawerspatz », désigne donc sûrement une colonie de nouveaux venus. Peut-être étaient-ce des combattants de la Guerre de Trente Ans, luthériens et de langue étrangère.


Extrait du mémoire de Laurent Bichler, Enchenberg–Guisberg-Heiligenbronn destiné à l’Atelier Paysager Franck Marzolff, 1998.